Assembler le squelette

Le brouillard marin se dissipe peu à peu, nous commençons à percevoir la lueur d’un phare oublié dans la nuit. C’est toi Jacques?

Depuis plusieurs mois, nous naviguons à travers ton œuvre, au rythme si particulier de ton écriture comme de grandes vagues qui nous laissent ce sentiment de vertige. Inspirés, emplis d’images et de visions de toutes sortes, nous nous laissons guider par nos impressions et notre sensibilité. Nous apprenons à nous faire confiance dans cet océan qu’est ton œuvre.

Nous avons lu Les Contes du pays incertain, L’ Amélanchier, Gaspé-Mattempa, Les Confitures de coin (La nuit), Le Pas de Gamelin, La conférence inachevée, L’exécution de Maski et il nous reste bien d’autres lectures encore.

Des personnages jaillissent de tes flots de mots. Certains nous touchent profondément, ils s’accrochent même à notre embarcation, ils montent à bord. Nous ne sommes plus seuls à voyager. Nous avons parfois même l’impression que tu es avec nous. Nous nous construisons notre image rêvée, imaginée de toi. Serait-ce ton spectre ? Peu importe, cet étrange auteur né de notre imagination s’impose à nous jusqu’à prendre la place centrale de notre création.

Nous découvrons ton double : Maski qui est… comment dire… qui est… complètement déroutant.

Tinamer, symbole de l’enfance, nous semble lumineuse. Elle nous inspire. Nous suivrons son fil, son fil lumineux.

Et les patientes… tes patientes… toutes ses femmes qui ont vécu l’enfer de l’internement. Nous les avons rassemblées en un personnage que nous appelons Madeleine, en l’honneur de toutes les Madeleines de ta vie. Elle est devenue Madeleine, femme de la mer, fille de la côte.

Coco, petit patient du Mont Thabor, et Jérémie, le paysagiste, viennent nous toucher et nous rappeler à quel point ta vision de la folie était en avance sur son temps.

Nous en arrivons à un constat :

La folie peut être belle.

Avec notre création, nous désirons explorer la ligne incertaine entre la créativité et la folie.

Mais comment allons-nous y arriver ?

Peut-être est-ce un peu comme assembler un squelette. Récolter les os, les bouts de bois blanchis par le sel de la mer, les galets pour bâtir notre propre histoire.

Pour établir les points d’ancrages du canevas de notre spectacle, nous souhaitons mettre en lumière non seulement tes personnages, ton point de vue sur la folie, sur l’enfance mais aussi ton territoire, la Gaspésie et la beauté folle de la création. Nous osons confronter le tout à nos intuitions pour construire notre propre dramaturgie. Nous tentons de combiner les mots, les images et le son en un tout sensible et évocateur. Ce n’est pas une mince tâche. Nous n’abandonnons pas et redoublons d’ardeur!

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