Retour en Gaspésie

La route

Ah Jacques! Le simple fait de reprendre la route nous exalte. Le périple en soi est si inspirant. Nous quittons le presque printemps montréalais pour retourner dans le temps afin de découvrir l’hiver gaspésien. Nous avions été avertis, mais nous étions loin de nous douter de ce qui nous attendait. Un avertissement de tempête retarde notre le départ. Nous sommes impatients. Et puis, comme tout semble revenir à la normale, nous décidons de prendre la route dès le lendemain. C’est un départ!

Nous passons le pont et, doucement, le paysage change : nous retrouvons la neige sur le sol, le fleuve s’agrandit… Soudain, la neige se met à tomber. C’est drôle au début, mais le vent souffle de plus en plus fort. La nuit tombe. Entre mer et montages, nous nous retrouvons face à des fantômes de neige qui se jettent contre notre voiture. On ne voit presque plus la route. Que faire? Continuer ou trouver refuge pour la nuit? C’est étrange, au moment de passer ta demeure gaspésienne à Ste-Madeleine-de-la-rivière-Madeleine, le blizzard est si dense qu’il nous force à nous arrêter sur le bord de la route. Allons-nous pouvoir traverser le dernier chemin sinueux qui nous sépare de Petite-Vallée? Nous reprenons courage et affrontons la tempête. Exténués, mais encore plein d’adrénaline, nous arrivons au Camp Chanson, notre demeure pour les prochains jours.

Dès le lendemain, le temps devient plus clément. Nous sortons profiter des sentiers et de la magnifique nature qui nous entoure.

Ateliers de médiation culturelle

Avec les jeunes

Nous retournons voir les jeunes avec qui nous avons commencé les échanges sur la création et sur toi, Jacques. Leurs dessins nous ont grandement inspirés et nous avions hâte de leur montrer l’avancement de notre création. Encore une fois, les rencontres ont été riches en échanges de toutes sortes. On voit à quel point l’univers visuel de Laurence et l’univers sonore de Nicolas les inspirent. Le commentaire qui nous a le plus touché, et qui restera avec nous pour tout le reste de cette création, est venu spontanément d’un jeune après qu’il ait entendu la musique de Nicolas.

Je vois une île! Une île de liberté!

Comme c’est inspirant!!! Nous avons demandé à tous les élèves de nous dessiner et de nous écrire ce qu’ils voyaient. Nous recevrons leurs œuvres par la poste.

Avec la communauté

À la toute fin de notre résidence, nous avons convié la communauté des environs de Petite-Vallée à venir nous rencontrer et échanger sur notre processus de création. C’était très touchant pour nous. Nous commençons à connaître beaucoup de personne ici : Monsieur Jacques, qu’on surnomme Coco, Madame Denise et son métier à tisser, sa sœur, Madame Jeanne d’Arc, dont vous avez accouché le 3e enfant sur 17. Ils nous ont accueillis, fait entrer dans leur vie et nous ont raconté de belles histoires de leur passé. Les gaspésiens sont d’excellents conteurs!

Leur parler de notre travail, leur raconter notre propre histoire, nous permet de valider que notre univers interpelle autant les adultes que les enfants. C’est beau! C’est ce que l’on recherche aussi. Nous voulons en arriver à proposer une œuvre réellement tout public.

Nous avons aussi retrouvé Manuel Brault Minville et les jeunes allumés de Télé-Sourire qui nous ont à nouveau interviewés. Voici un reportage réalisé lors de notre résidence d’Avril.

Récolte de mots, de sons, d’images et de bois

Dans notre repère, Louis-Charles poursuit son exploration des tes textes, Jacques. Il en fait ressortir des extraits inspirants afin de construire notre propre texte du spectacle.

Lors de nos balades, Nicolas trimbale son enregistreuse. Il s’isole au bord de l’eau pour capter le son des vagues qui se fracassent sur les rochers et le clapotis de l’eau sur les galets. Il s’amuse à créer des rythmes avec tout ce qu’il trouve sur le bord de la grève. Ça promet!

Laurence trouve encore beaucoup de bois inspirant pour la scénographie. La récolte est bonne, peut-être même trop. Allons-nous être capables de tout ramener ce que nous avons trouvé? Heureusement, nous avons la chance d’avoir l’aide de Monsieur Biel qui a coupé nos grands troncs pour qu’ils puissent rentrer dans notre mini van.

Nous aimerions prendre le temps de remercier notre cher Marc-Antoine, sans qui rien de tout ça n’aurait été possible. Tu nous as sauvés de la tempête, tu nous as organisé tous nos périples gaspésiens et tu nous as tellement bien accueillis! Randonnées, spectacles, apéros au coucher de soleil, crabes des neiges et sans oublier ton fameux et extraordinaire risotto. Merci du fond du cœur Marcan!!!

Nous en profitons pour mentionner les personnes exceptionnelles de l’équipe du Village en chanson que nous avons côtoyées cette fois. D’abord Alan, plus grand que nature qui nous a chanté son Gaspé-Mattempa, Marine et sa poésie d’outre-mer, Marie-Claude et son franc-parler. Merci d’exister!!! Nous savons que les derniers temps ont été difficiles et nous sommes de tout cœur avec vous.

Cette résidence s’est avérée un moment des plus précieux pour les membres de l’équipe. En plus de toutes ces belles rencontres, nous avons eu du temps pour lire, écrire, dessiner, composer et échanger sur les différents aspects de notre création. Nous apprenons à mieux nous connaître les uns les autres à travers le périlleux contexte de la création.

À titre de metteure en scène, j’ai vu Nicolas, Laurence et Louis-Charles faire naître des univers magnifiques chacun dans leurs éléments. Nous travaillerons ensemble à faire évoluer notre création afin de former un tout inspiré de ton oeuvre et de ta vie. Ce n’est pas une tâche facile, Jacques, mais nous poursuivons avec ardeur, car nous avons trouvé notre propre voie vers la création d’un spectacle à ta hauteur et bien à nous.

Sabrina

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